Critique4

 

Harmonie nocturne 4
نقد نشريه‌ی ژون آفريک بر همنوايی شبانه‌ی اركستر چوب‌ها

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Chroniques d'exil
- 8 janvier 2002 - par ELSA PEREZ

Entre conte mystique et témoignage, Reza Ghassemi brouille les pistes.

Traduit du persan, Harmonie nocturne possède le charme baroque des romans d'exilés au croisement des cultures et des langages. L'action se déroule au sixième étage d'un vieil immeuble parisien, peuplé d'expatriés condamnés à vivre « sur la phase orientale du globe à l'heure de la phase occidentale ». La vie de cette petite planète coupée du reste du monde va être bouleversée par les crises de folie paranoïaque de Prophète, l'un des locataires.
Le narrateur est un exilé iranien, peintre, écrivain et musicien, dont on ne connaîtra jamais le nom. Il ne peut plus voir son reflet dans le miroir depuis l'âge de 14 ans, et souffre d'un « défaut de continuité » qui l'empêche de se rappeler le début ou la fin d'une discussion, l'obligeant à vivre dans l'instant présent au gré des vagabondages de sa pensée. Il raconte son histoire comme il vit sa vie, en mélangeant les intrigues et les époques.
Avare de solitude, il a fui l'Iran, le regard des autres et la pression de la société. Mais, OEdipe malheureux, il est rattrapé par son destin, retrouvant, dans ce monde oriental recomposé, ce à quoi il avait voulu échapper. Pour se soustraire à cette malédiction, il doit réécrire son livre, Harmonie nocturne, dans lequel il racontait... les déboires d'une communauté d'exilés réunis dans les chambres de bonne d'un vieil immeuble parisien.
Dans ce livre, à la fois conte mystique surnaturel et chronique sociale de la vie d'expatriés en quête d'identité, Reza Ghassemi s'amuse à brouiller les pistes entre fiction et réalité. Le « je » narratif entretient l'ambiguïté, le protagoniste de l'histoire ressemblant étrangement à l'auteur, lui-même exilé en France depuis 1986, musicien, écrivain et metteur en scène.

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